L’Union des Femmes Contre les VIolences relief a organisé une activité de sensibilisation sur la prévention des maladies provoquées par des mains sales. Le risque est particulièrement accentué aujourd’hui en cette période sécheresse. Aujourd’hui, un peu partout en Afrique, les populations sont très exposées à la MVE (Maladie à Virus EBOLA), aussi appelée fièvre hémoragique EBOLA.

Mains Sales en Afrique : Le Vecteur Silencieux de Maladies Mortelles et les Solutions pour y Remédier
En Afrique, comme ailleurs dans le monde, on dit souvent que « la propreté est proche de la piété ». Mais au-delà de la morale, l’hygiène des mains est une question de survie. Dans de nombreuses régions du continent, où l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement reste un défi, les mains sales agissent comme une autoroute pour les microbes.
On estime que le lavage des mains au savon pourrait réduire de près de 50 % les décès par diarrhée et de 25 % les infections respiratoires. Pourtant, le « péril fécal » continue de faire des ravages. Tour d’horizon des maladies provoquées par une mauvaise hygiène des mains et des stratégies pour les combattre.
1. Le « Péril Fécal » : Quand les mains deviennent des vecteurs
Le mécanisme est simple mais redoutable : les matières fécales contiennent des milliards de germes. Si une personne ne se lave pas les mains après être allée aux toilettes ou après avoir changé un nourrisson, elle transporte ces germes. En touchant ensuite de la nourriture, de l’eau ou en se touchant le visage, elle inocule ces pathogènes à son organisme ou à son entourage.
Voici les principales maladies qui prospèrent grâce à ce cycle de transmission en Afrique :
A. Les Maladies Diarrhéiques et le Choléra
C’est la cause principale de mortalité infantile dans plusieurs pays africains.
- Le Choléra : Endémique dans certaines zones, il se propage violemment lors des saisons des pluies. Les mains sales manipulants les aliments ou l’eau de boisson sont des vecteurs majeurs de la bactérie Vibrio cholerae.
- La Dysenterie et la Salmonellose : Provoquées par des bactéries (Shigella, Salmonella), elles entraînent des diarrhées sévères, souvent sanglantes, menant à une déshydratation fatale si elle n’est pas traitée rapidement.
B. La Fièvre Typhoïde
Très présente en Afrique de l’Ouest et Centrale, la fièvre typhoïde est causée par la bactérie Salmonella Typhi. Elle se transmet par l’ingestion d’eau ou d’aliments contaminés par les selles d’une personne porteuse. Les vendeurs de rue qui ne se lavent pas les mains après avoir manipulé de l’argent ou utilisé les latrines sont souvent des vecteurs involontaires.
C. Les Helminthiases (Vers Intestinaux)
Les enfants sont les premières victimes. En jouant dans la terre souillée par des selles humaines (défecation à l’air libre), leurs mains se couvrent d’œufs de vers (ankylostomes, ascaris). En portant leurs mains à leur bouche, ils s’infestent. Ces parasites volent les nutriments de l’enfant, causant anémie, retard de croissance et difficultés cognitives.
D. Le Trachome
C’est la première cause infectieuse de cécité dans le monde, et l’Afube subsaharienne est la zone la plus touchée. La maladie se propage par contact direct avec les sécrétions oculaires ou nasales via les mains sales, ou par l’intermédiaire de mouches attirées par les visages non lavés et les déchets.
2. Pourquoi le contexte africain aggrave-t-il le risque ?
Il ne s’agit pas seulement de « mains sales », mais d’un écosystème qui favorise la contamination :
- Le manque d’eau courante : Dans de nombreux ménages ruraux et périurbains, l’eau n’est pas disponible au robinet. Se laver les mains demande un effort (aller au puits, transporter des seaux), ce qui décourage la fréquence du lavage.
- La culture du partage : Manger avec les mains (le plat commun) est une tradition sociale forte. Si une seule personne a les mains sales, tout le groupe est exposé.
- L’assainissement précaire : L’utilisation de latrines non hygiéniques ou la défécation en pleine nature augmentent la charge microbienne sur les mains.
- La street food : Une grande partie de la population mange dehors. L’hygiène des mains des vendeurs est souvent compromise par le manque d’infrastructures sur les marchés.
3. Les Solutions : Comment briser la chaîne de transmission ?
La bonne nouvelle, c que les solutions existent et sont peu coûteuses. La lutte contre les maladies liées aux mains sales repose sur l’approche WASH (Water, Sanitation, and Hygiene).
A. Le Lavage des Mains au Savon : Le « Vaccin » le moins cher
L’eau seule ne suffit pas à décoller les graisses et les germes. Le savon est indispensable.
- Les moments critiques : Il faut se laver les mains systématiquement :
- Après les toilettes ou le nettoyage d’un enfant.
- Avant de préparer le repas et avant de manger.
- Avant de donner la tétée ou de nourrir un enfant.
B. Le « Tippy Tap » : L’innovation low-tech
Inventé au Zimbabwe, le Tippy Tap est une solution géniale pour les zones sans robinet. Il s’agit d’un bidon suspendu à une branche ou un trépied, actionné par une pédale à corde, permettant de faire couler un filet d’eau sans toucher le récipient avec les mains.
- Coût : Moins de 1 dollar.
- Impact : Il rend le lavage des mains accessible et rapide, même dans les villages les plus reculés.
C. L’Assainissement et la Gestion des Déchets
- Construire et utiliser des latrines améliorées pour stopper la défécation à l’air libre.
- Couvrir les aliments pour empêcher les mouches de s’y poser.
- Laver les fruits et légumes à l’eau potable ou traitée (eau de Javel diluée ou pastilles de chlore) avant consommation.
D. L’Éducation Comportementale
Au-delà des infrastructures, il faut changer les mentalités. Les campagnes de sensibilisation dans les écoles et les marchés doivent expliquer le lien invisible entre « mains sales » et « ventre douloureux ».
Conclusion
En Afrique, se laver les mains n’est pas un geste anodin, c’est un acte de résistance contre la maladie. Si les gouvernements et les ONG doivent continuer à investir dans l’accès à l’eau potable, chaque individu a le pouvoir, dès aujourd’hui, de protéger sa famille.
Comme le dit un proverbe africain revisité : « Mieux vaut prévenir avec du savon que guérir avec des médicaments. »
Option : Le Savon Cendré
Dans les zones où le savon industriel est rare ou cher, les communautés rurales utilisent souvent de la cendre de bois mélangée à un peu d’eau. Bien que moins efficace que le savon chimique pour tuer certains virus, la cendre agit comme un abrasif mécanique qui aide à décoller la saleté et les germes, et modifie le pH de la peau, rendant l’environnement moins hostile aux bactéries. C’est une alternative de secours utile, mais le savon reste la référence.

Très génial UFCVI-Relief